THE YOUNG GODS EVERYBODY KNOWS
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Everybody Knows

 


 

Vingt-cinq années d’existence et pas le moindre signe d’essoufflement. Même si on sait qu’un jeune dieu est doté de capacités hors norme, le phénomène impressionne. Toujours plus loin, toujours plus haut : en 2010 , les Young Gods poursuivent leur route sur le rythme effréné qui est le leur depuis 5 ans. Ne jamais laisser la routine gagner du terrain, aller de l’avant, tel est donc le credo réjouissant d’un trio suisse devenu quatuor avec l’arrivée définitive de Vincent Hänni, le complice défricheur qui épaulait le groupe depuis quelques années. On insiste, 2010 s’annonce comme un grand cru dans la saga du combo suisse avec la parution d’un nouvel album (« Everybody Knows ») et d’un coffret audio-visuel qui immortalise une partie de la récente épopée sonique des Young Gods. Depuis un vingtième anniversaire célébré deux soirs durant sur la scène prestigieuse du Montreux Jazz Festival au cours de l’été 2005 avec la complicité notamment d’un orchestre symphonique, le groupe mène une seconde vie affolante. Après un best of (« XX Years 1985-2005 ») riche en surprise et une parenthèse en forme de journal sonore concoctée pour le magazine zurichois Truce Diaries, on l’a vu renouer avec l’électricité de manière cinglante en osant le lien entre psychédélisme échevelé et punkitude avec l’impeccable « Super Ready / Fragmenté » (2007). Mais c’est de la scène une fois encore que les surprises les plus ahurissantes sont venues. Sur les planches, les Gods ont osé le dénuement lors de shows intenses et faussement acoustiques qui ont permis la naissance en 2008 d’un de leurs albums les plus extraordinaires (« Knock On Wood »). Dans la chaleur du live que les quatre artistes se sont remis une énième fois en question, avec les sorciers électro de Dälek, le temps d’un gig événementiel sur la scène des Eurockéennes de Belfort d’abord,
avec le quatuor à cordes Barbouze de chez Fior ensuite, avec le trio alémanique Koch-Schuetz-Studer (More To Come en 2010) enfin. Et puis il y a eu « Woodstock », projet son-images dévoilé lors des fêtes de la musique de Genève en 2005, repris ensuite un peu partout en Europe à l’occasion du quarantième anniversaire du monumental rassemblement hippie. A l’occasion de ce spectacle grandiose mêlant hommage, réflexion et extrapolation sonique, Richie Havens, le mythe, a même rejoint le groupe sur scène, le temps d’un « Freedom » bouleversant qui disait tout le chemin parcouru par les petits pirates soniques sortis tout droit d’un rêve indu des années 80. Un rêve qu’il convient de se repasser sur l’écran large de la mémoire. Pour la beauté du geste, pour le plaisir aussi et parce qu’il appartient à l’histoire de la musique électrique.

Genève, années 80 : dans un fracas de samples vengeurs, 3 pirates sonores hissent le drapeau de la révolte audessus de cet océan de médiocrité qu’est alors la scène musicale. La décennie est vieille d’un peu plus de 5 ans lorsque les premières rumeurs enflent : dans un petit appartement genevois, deux amis (Franz Treichler et Cesare Pizzi) ont trouvé la formule qui va sauver ce vieux rock moribond. Les Young Gods (nom emprunté à un morceau du groupe new yorkais The Swans) se sont incarnés dans la pâle lumière d’un siècle fatigué. Plus rien ne sera comme avant. Ily a d’abord ces prestations confidentielles, parfois maladroites, touchantes de sincérité, à l’énergie contagieuse. Il y a ensuite, vers la fin du printemps 86, “ Envoyé ”, ce single porté par l’hymne punk rétrofuturiste éponyme. La puissance de l’assaut est telle que le reste de la production discographique du moment (Prince excepté) se met soudain à sonner comme une démo. Gravée à même la peau un soir d’orage, l’appellation Young Gods imprime les mémoires. Au terme d’un épuisant périple dans un bus en ruine, Treichler, Pizzi et le cogneur feu Frank Bagnoud (qui sera bientôt remplacé par Use Hiestand) font tomber Londres à genoux. Le reste de l’Europe va suivre. Ce n’est qu’une question de temps. L’année suivante en effet, dans la foulée de quelques gigs légendaires (Festival du Belluard de Fribourg) et d’un second single perforant (“ Did You Miss Me/ The Irrtum Boys ”), le premier 33 tours déboule dans les bacs à la façon d’une tornade. Le monde prend la chose dans les dents et découvre la magie d’un art sonique où se télescopent dans une tension extrême riffs de guitares tordus et samples symphoniques imposants. Jim Morrison et les siens rêvaient de nager jusqu’à la lune (“ Moonlight Drive ”), les Gods comme on les appelle désormais accomplissent le prodige (“ Nous de la Lune ”). A des années-lumière de la prose rock convenue, l’étrange poésie de Treichler, charnelle, intemporelle, achève de rendre la cérémonie inoubliable… La voie semble pavée d’étoiles. Elle l’est : dans la moiteur de l’été 1988, “ L’Amourir ”, un nouveau single flamboyant, annonce un prochain chapitre grandiose. Stakhanovistes de la route, les Gods avalent sans rechigner les kilomètres, jouent partout ( dans les clubs prestigieux comme dans les bouges insalubres ) où l’on a besoin d’eux. La formation, au sein de laquelle Al Comet vient de remplacer Cesare Pizzi, occupe ses rares instants de répit en parachevant “ L’ Eau Rouge ”, un second album qui voit le jour au début de l’automne 1989. Disque exigeant dévoré par un feu intense, “ L’ Eau Rouge ” développe avec une concision diabolique les principes édictés sur son prédécesseur tout en refusant la redite. Après une imposante ouverture (“ La Fille de la Mort ”) durant laquelle les fantômes de Piaf et de Morrison touchent au désespoir au son d’un air de cabaret gothique, l’affaire, fidèle à son titre, se poursuit dans le rouge, royaume de fièvre et de saturation dont l’épopée est scandée par des basses énormes et des guitares abrasives. En Suisse, comme partout ailleurs, le groupe fait référence et son public grossit à vue d’œil. Ainsi, lors de l’édition 1990 du Paléo Festival de Nyon, ils sont plus de 10.000 venus rien que pour les Gods. Ces derniers songent alors un moment à immortaliser l’événement avec un album live mais finalement les hurlements de la foule nyonnaise serviront d’introduction à un album hommage à Kurt Weill (“ The Young Gods Play Kurt Weill ”), témoignage studio d’un spectacle donné l’année d’avant à l’initiative du Festival de la Bâtie de Genève et du Fri-Son de Fribourg. La relecture d’un répertoire pourtant archi-couru est là encore suffisamment pertinente pour que tout le monde y trouve son compte. Au sommet de sa forme, le groupe alterne poussées de fièvre (“ Speak Low ”, “ Mackie Messer ”) et instants de mélancolie pure voués à l’éternité (“ September Song ”). Début 1992, douze mois après la sortie de cet opus de transition, les Gods poursuivent leur saga discographique en publiant “ TV Sky ”, un album enregistré dans le prestigieux studio ICP de Bruxelles qui doit leur permettre de parachever une domination mondiale de plus en plus évidente. D’une puissance inouïe, ce télescopage cosmique entre blues rock teigneux (“ Gasoline Man ”, “ Skinflowers ”) et pensées psychédéliques affûtées ( “ She Rains ”, “ Summer Eyes ”) qui débouche sur une matière sonique d’une pureté irradiante s’impose comme le chef-d’œuvre du trio mais aussi comme l’un des opus rock les plus impeccables de la fin du 20ème siècle. A défaut de se transformer en platine, le disque affole la planète électrique. En studio, U2 et ses producteurs (Eno et Daniel Lanois ) avouent leur admiration… Nullement grisés par ces louanges, les Gods eux écument l’Amérique du Nord et donnent sur la scène du Limelight de New York une prestation historique que les téléspectateurs découvriront partiellement dans un documentaire proposé en fin d’année par la télévision Suisse Romande. La tournée mondiale qui s’ensuit ne s’achèvera qu’à l’été 1993, moment choisi pour la parution d’un album en public (“ Live Sky Tour ”) enregistré en Australie qui résume idéalement la folie créatrice dont fait preuve chaque nuit le trio.

Respecté par ses pairs et adulé par ses fans, le groupe semble prêt à déloger des charts mondiaux Metallica et tous les combos grunge qui s’y pavanent avec délectation. Il lui faut pour cela enfoncer le clou avec un album monstre capable de convaincre les indécis. La maison de disques américaine Interscope qui y croit dur comme fer, avance, dit-on, une somme conséquente. Réfugiés à New York ( résidence de leur producteur fétiche Roli Mosiman ) durant la majeure partie de 1994, les Gods commencent par s’offrir un matériel sophistiqué avant de plancher sur leurs nouvelles compositions. La gestation semble d’autant plus longue que durant ce temps, des formations américaines moins douées mais plus roublardes épaulées par des logistiques impressionnantes ne se privent pas de bâtir leurs cathédrales soniques sur les vastes espaces défrichés par les Gods. Sans trop se préoccuper de la réussite purement financière de leur carrière, ces derniers publient finalement au début de l’été l’ambitieux “ Only Heaven ”. Ce nouveau chef-d’œuvre est révélateur de l’état d’esprit qui anime Treichler et ses complices. Plutôt que de capitaliser en réchauffant les recettes de “ TV Sky ”, une astuce qui aurait pu leur garantir leur villa à Beverly Hills, ces derniers poursuivent leur marche en avant… Insensible aux exigences du marché américain, Treichler se remet parfois à chanter en français sur des mélodies non formatées, mélanges d’électronique pointue et de rock décoiffant (“ Speed Of Night ”, “ Kissing The Sun ”, “ Moon Revolutions ”) et de folk psyché quasi gothique (“ Child In The Tree ”). Le résultat est sublime mais les chiffres de ventes vont s’avérer décevants. Au terme d’une nouvelle tournée qui suit la sortie d’ “ Only Heaven ”, les Young Gods semblent pour la première fois à bout de souffle. La sortie en 1997 d’un album ambient (“ Heaven Desconstruction ” ) ne change rien à la donne : on se met à douter du devenir d’un trio au sein duquel le batteur Bernard Trontin remplace Use Hiestand. Quelques apparitions scéniques fugaces prouvent néanmoins que les Gods, moins turbulents qu’autrefois, assument de façon humble et remarquable leur “ âge canonique ” en témoignant d’une maturité impressionnante. Il faut malgré tout attendre l’automne 2000 pour découvrir “ Second Nature ”, un nouvel album refusant une nouvelle fois toute redite. A l’instar de “ L’ Eau Rouge ” autrefois, “ Second Nature ” ne dévoile pas ses richesses dès la première écoute. L’auditeur se doit donc d’être patient avant de se sentir à son aise dans cette jungle sonore, théâtre d’un rituel chamanique prenant durant lequel le moindre souffle a un sens. Etrangement, c’est loin du rock et de ses turbulences que le groupe va se ressourcer en montant avec le fameux anthropologue Jeremy Narby (“ Le Serpent Cosmique ”), “ Amazonia Ambient Project ”, un spectacle à mi-chemin entre le concert et la conférence qui fait salle comble partout où il est présenté. “ Music For Artificial Clouds ”, un nouvel album purement électronique inspiré en partie par une performance du combo dans le cadre de l’Expo 02, voit le jour en 2004 et confirme la pertinence intacte du trio. Les conditions pour un retour en force sont désormais remplies et celui-ci va s’effectuer avec le brio que l’on sait…

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